Valérie Touzé 06 35 30 02 50
Thérapies de couple et consultations individuelles enfants- adolescents- adultes

Psychologue clinicienne

Thérapies de couple et consultations individuelles enfants- adolescents- adultes

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Valérie Touzé 06 35 30 02 50

Les Bordelines de Bernard Granger et Daria Karaklic aux éditions Odile Jacob (2012)

"En tant que 'borderline', je ne peux m'intéresser qu'à un autre 'borderline'." Marylin Monroe

Bernard Granger, psychiatre, professeur d’université et Daria Karaklic, docteure en psychologie nous proposent de mieux connaître cette pathologie aux symptômes très variables et fluctuants.

Tantôt isolé en tant que syndrome autonome, tantôt rabattue du côté de la névrose et/ou psychose, l’organisation limite s’est progressivement individualisée pour exister en tant que telle aujourd’hui. Chacun s’accorde sur la réalité de cette clinique qui ouvre un vaste champ de réflexion.

Dans cet ouvrage, Bernard Granger et Daria Karaklic expliquent clairement ce trouble de la personnalité bordeline (TPB) qui peut se manifester de différentes façons avec des degrés plus ou moins variables selon l’individu et les périodes. C’est un trouble grave souvent associé à des comorbidités (addiction, dépression, troubles alimentaires, passage à l’acte…) qui commence à l’adolescence (ou jeune adulte) et semble plus toucher les femmes. Ils insistent sur la nécessité d’un suivi thérapeutique comme facteur clé de la guérison. Ce livre essaie de répondre à bien des questions : Qu’entend-on par état-limite ? Quelles en sont les manifestations cliniques ? Y a-t-il des causes spécifiques ? Quelles sont les prises en charge adaptées ? Quel doit-être le comportement de l’entourage ?

Ce n’est que depuis trente ans que les états-limites sont répertoriés dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Il apparaît alors dans les troubles de la personnalité. Il définit la personnalité bordeline comme un mode général d’instabilité des relations interpersonnelles, de l’image de soi et des affects avec une impulsivité qui apparaît au début de l’âge adulte et qui est présent dans des contextes divers.

Mais le terme d’état limite est issu de la clinique psychanalytique et ce dès les années 30.  Il décrit un type d’organisation de la personnalité initialement isolé à partir de particularités de la relation thérapeutique chez certains patients, se traduisant notamment par des manifestations psychotiques transitoires non prévisibles au vu des symptômes initiaux en apparence purement névrotiques. C’est le psychanalyste Kernberg qui a contribué à la définition de cette organisation pathologique de la personnalité. Son analyse porte sur 4 éléments de la structure : les manifestations du moi, le niveau des processus de pensée, les opérations défensives spécifiques, l’état des relations d’objet internalisés. Grâce à la qualité de ces travaux, Kernberg ouvre un espace clinique stable pour penser les troubles limites. C’est Bergeret qui l’a relevé comme « troisième lignée psychopathologique », susceptibles d’évoluer de façon variable, parfois proche des névroses ou des

psychoses, d’autres fois avec des aménagements de type caractériel ou pervers. Il a insisté sur l’importance de maltraitances, de carences affectives, de traumatismes infantiles précoces et répétés dans l’enfance lesquels ont entravé une bonne structuration psychique. Ensuite de nombreux psychanalystes n’ont cessé de décrire ces patients limites qui les ont conduits à modifier/adapter le cadre de la thérapie.

 

Les caractéristiques essentielles :

  • Une grande instabilité émotionnelle, affective. L’état-limite est débordé par ses émotions.
  • Troubles de l’humeur (anxiété, sentiment de vide, d’ennui, de vacuité, état dépressif, colère, irritabilité…)
  • Perturbations relationnelles (peur de l’abandon, du rejet, relation tour à tour idéalisé ou dévalorisé, dépendance…)
  • L’angoisse diffuse et flottante

Le diagnostic est parfois difficile à poser car l’état limite peut avoir des analogies avec le trouble bipolaire, les troubles alimentaires. Seule la connaissance du patient, la distinction de traits significatifs permet d’établir un réel diagnostic.

L’état-limite est en fait en recherche de stabilité et de « normalité ». Un cadre comme un conjoint, une famille, un travail peut stabiliser un état-limite et apaiser ses fortes angoisses mais il peut chercher à le mettre à mal. Granger note l’importance d’un travail thérapeutique où un vrai lien stable, durable, fécond se noue entre un thérapeute disponible et le patient qui progressivement gagne en sécurité intérieure, en estime de lui. Il peut parfois s’associer à un traitement médicamenteux comme des antidépresseurs, des antipsychotiques si forte impulsivité, des régulateurs de l’humeur, des tranquillisants pour calmer les moments d’angoisse. Cela peut se compléter en échelonnant dans le temps avec de la relaxation, de la méditation pleine conscience, des réunions de groupe et si besoin une thérapie systémique familiale.

Critères de la personnalité borderline selon le DSM-5 :

Mode général d’instabilité des relations interpersonnelles, de l’image de soi et des affects avec une impulsivité marquée, qui apparaît au début de l’âge adulte, et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :

1. Efforts effrénés pour éviter les abandons réels ou imaginés.

2. Mode de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisé par l’alternance entre des positions extrêmes d’idéalisation excessive et de dévalorisation.

3. Perturbation de l’identité : instabilité marquée et persistante de l’image ou de la notion de soi.

4. Impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (p. ex. dépenses, sexualité, toxicomanie, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie).

5. Répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires, ou d’automutilations.

6. Instabilité affective due à une réactivité marquée de l’humeur (p. ex. dysphorie épisodique intense, irritabilité ou anxiété durant habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours).

7. Sentiments chroniques de vide.

8. Colères intenses et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère (fréquentes manifestations de mauvaise humeur, colère constante ou bagarres répétées).

9. Survenue transitoire dans des situations de stress d’une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs sévères.

 

Un essai érudit qui remplit sa fonction initiale : « Notre but est faire comprendre à l’entourage que les difficultés du sujet borderline relèvent d’un véritable trouble psychique dont les symptômes échappent, au moins en partie, à un contrôle volontaire et conscient de la part du patient ».

Je vous renvoie à l’excellente émission de France Culture sur le sujet :

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