Valérie Touzé 06 35 30 02 50
Thérapies de couple et consultations individuelles enfants- adolescents- adultes

Psychologue clinicienne

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Sandor Ferenczi, l’enfant terrible de la psychanalyse de Benoît Peeters .

« S. Ferenczi, dont on ne peut lire une page aujourd’hui sans s’émerveiller de sa stupéfiante modernité [...] Les limites pour lui ne sont pas au seuil, mais au centre : elles ne se forcent ni ne se contournent. C’est avec ce qui fait défaut, chez l’analysé et chez l’analyste, que le travail s’effectue. » J.-B. Pontalis (1974)

Benoît Peeters signe une biographie de grande qualité agrémentée de photos, de documents sur Sandor Ferenczi (1873-1933), le disciple de Freud.

La vie de Ferenczi se mêle à l’histoire de la psychanalyse, à la montée du nazisme, et relate son amitié avec Freud, ses amours et surtout les apports essentiels de Ferenczi par rapport à la thérapie, et en particulier la clinique du trauma.

Sandor Ferenczi est né en 1873 près de Budapest en Hongrie. Sa mère d’origine polonaise est juive. Il est le 8ème d’une fratrie de 12 enfants. Il perd son père à 15 ans. Sa mère d’une main de maître poursuit les activités de l’imprimerie et de la librairie. Ferenczi se plaindra de la froideur et de la dureté de celle-ci. A 18 ans, il part à Vienne étudier la médecine. Il aime aussi côtoyer le monde des artistes, lire de la poésie, de la philosophie…

En 1908, il rencontre Freud et de suite une amitié profonde se noue entre l’inventeur de la psychanalyse et ce brillant médecin. Il devient le véritable fils spirituel du maître dont il va s’émanciper progressivement sans jamais le renier. En 1914, il est engagé comme médecin militaire et poursuit son analyse avec Freud. C’est Ferenczi qui introduit le concept de névrose de guerre dès 1916. Par la suite, la question du traumatisme dans divers domaines restera son champ de prédilection. C’est entre 1928 et 1933 qu’il écrit ses articles les plus percutants mais qui suscitent à l’époque le plus de tensions avec Freud et les membres de la communauté psychanalytique. Ces articles traitent du traumatisme et spécifiquement sur les enfants : « L’adaptation de la famille à l’enfant », « L’enfant mal accueilli et sa pulsion de mort », « Analyses d’enfants avec des adultes », et, le plus important de tous : « Confusion de langue entre les adultes et l’enfant ».

Je vais m’attarder sur ce dernier qui est essentiel dans l’œuvre de Ferenczi et ô combien toujours percutant aujourd’hui. Par son insistance sur les abus sexuels et les conséquences sur la psyché de l’enfant, Ferenczi s’oppose à Freud lequel préfère privilégier la dimension fantasmatique dans le traumatisme que sa réalité : l’effet traumatique résulte-t-il d’un traumatisme réel ou d’un fantasme pathogène ? Si Freud n’a jamais totalement rejeté le traumatisme réel, il s’est axé sur des traumas résultant de fantasmes. Ferenczi remet sur le 

devant de la scène les traumas réels et en particulier les sévices, agressions sexuelles, viol subis par les enfants et leurs conséquences multiples et durables. Selon lui, la psychanalyse tend à exagérer la part du fantasme et à sous-estimer la réalité traumatique dans la genèse des pathologies. La réalité traumatique dans la pathogenèse des symptômes est le point de désaccord frontal avec Freud.

Et il invente le concept d’identification à l’agresseur qui est l’annulation par la victime de sa propre subjectivité pour devenir ce que l’agresseur avait besoin qu’elle soit. L’aspect le plus terrible de cette identification à l’agresseur est que la victime se sent comme étant la mauvaise, la coupable. Elle a l’impression d’être la responsable de l’abus ! Et le plus cruel dans ce genre de trauma c’est quand les adultes ne reconnaissent pas, nient, ou évincent la parole de l’enfant. En quelque sorte l’adulte se fait complice de l’agresseur et l’enfant est perdu, abandonné, lâché. On peut imaginer les conséquences des abus et ensuite de la non protection des parents. Il évoque aussi d’autres événements qui peuvent être traumatiques : être mal aimé, la cruauté et l’érotisme déguisé de certains parents comme « une tendresse » qui excède la demande de l’enfant. Mais aussi les projections et les attentes narcissiques des parents envers leurs enfants sous formes par exemple de résultats scolaires ou encore des parents qui surchargent leurs enfants par l’étalage de leur souffrance.

Lire cette biographie, c’est aussi renouer avec les fondamentaux de la psychanalyse aujourd’hui tant discriminée… Ce fin clinicien, praticien engagé ne cessera de s’interroger sur l’adaptation du cadre, l’attitude, le tact, l’empathie…De l’importance du travail constant de l’analyste sur lui-même, de faire attention et travailler avec ses éprouvés (transfert et contre transfert) de son investissement permanent pour un métier du lien, de l’écoute, de l’altérité :

 « L’homme qui se connaît réellement, outre le sentiment exaltant que cette conscience lui procure, devient plus modeste. Indulgent pour les défauts d’autrui, il est prêt à pardonner ; même si en référence au principe que « tout comprendre c’est tout pardonner », c’est à comprendre seulement qu’il aspire, il ne se sent pas qualifié pour pardonner. Il dissèque les mobiles de ses émotions et les empêche de croître jusqu’à devenir passions. Il contemple avec un certain humour serein les divers groupements humains se bousculer en suivant différents mots d’ordre. Dans ses actes, c’est non pas la « morale » hautement proclamée qui le guide mais une lucide efficacité ; c’est ce qui l’incite également à dominer parmi ses désirs ceux dont la satisfaction pourrait offenser les droits d’autrui et à les surveiller attentivement, sans nier leur existence. »

Un bel hommage à un être brillant, charmant, doué, distingué, épris de clinique.

Pour poursuivre sur Ferenczi :

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